l’une des premières questions qui m’est souvent posée est la suivante :

donc INADEN, c’est du commerce équitable ?

s’il m’est plutôt simple de répondre – je vais y revenir, je trouve intéressant de rebondir ici et d’aborder un sujet un peu beaucoup plus vaste : qu’est-ce que la mode éthique ?

car à l’heure où les étiquettes sont scrutées et que certaines enseignes dites Fast Fashion sont pointées du doigt, beaucoup d’initiatives tant en production qu’en consommation sont revendiquées pour  promouvoir une mode plus responsable. et c’est tant mieux !

le commerce équitable vs la mode éthique

Le commerce équitable est un concept qui pose clairement les fondements d’un commerce respectueux des hommes et de l’environnement, et qui s’inscrit dans un développement durable notamment dans les relations Nord-Sud.

l’Organisation Mondiale du Commerce en a défini 10 principes clés dont notamment le paiement d’un prix juste, les conditions de travail et le travail des enfants.

pour garantir transparence et lisibilité aux consommateurs, la labellisation d’une entreprise Commerce Équitable repose sur une stricte évaluation de sa chaîne de production.

si ce label a l’avantage de donner confiance aux consommateurs, le coût est très élevé pour les entreprises qui doivent financer leur certification par des organisations expertes indépendantes. Et on ne parle pas de petites sommes…

vous comprenez maintenant pourquoi des petites marques et entreprises comme la mienne qui produisent de manière éthique ne peuvent pas se revendiquer « commerce équitable ».

mais heureusement, il n’y a pas que les labels dans la vie… il y a les actions aussi !

beaucoup d’idéalistes – comme moi ou vous peut-être qui me lisez, tentent de défendre leurs convictions à travers des alternatives de production et de consommation durables. finalement je trouve que c’est une bonne façon de définir la mode éthique. mais voyons quelques exemples.

le made in France ou le consommer local

la grande tendance du moment, c’est le produit bleu-blanc-rouge ou autrement dit le produit made in France.

au-delà de réduire l’empreinte carbone, la fabrication française permet de maintenir des industries périclitantes sur le territoire et d’avoir un vrai impact local en sauvant des emplois et valorisant des savoir-faire. aujourd’hui le consommer local s’inscrit comme une logique de fond pour les consommateurs. beaucoup de jeunes marques françaises en font leur argument commercial et ça marche plutôt bien !

on peut notamment citer les fameuses chaussettes de l’Archiduchesse ou le Slip Français. et même si mon créneau c’est le made in Africa, c’est très motivant de constater que l’acte d’achat est devenu un véritable acte militant !

le bio tout beau

l’environnement fait partie des grands enjeux de notre temps.

la prise de conscience est tardive mais il est encore temps de sauver les meubles les ressources des générations futures en favorisant la protection de l’environnement dans les modes de production.

le bio est le fer de lance de nombreuses marques écologiques qui proposent soit des matières alternatives non ou moins polluantes. ici, je peux notamment citer la marque de baskets Veja au caoutchouc bio qui m’a profondément inspirée quand je découvrais tout juste le concept de développement durable sur les bancs de la fac. oui, oui… ça date un peu !

le re-consommer ou le vintage / upcycling

c’est un mot que je viens d’inventer le « re-consommer » mais je trouve que cela illustre parfaitement le sens de la démarche.

re-consommer c’est finalement donner de la valeur à un vêtement qui n’est pas neuf et qui aurait probablement fini à la poubelle. c’est faire le choix d’acheter un robe, un manteau de seconde main pour leur donner une seconde vie. côté mode, le fameux vide-dressing de Violette Sauvage en est un parfait exemple ! de mon côté, je dois avouer que je suis une addict du vintage pour le mobilier… et je ne dois pas être la seule si l’on considère le succès de BrocanteLab ou de la toute récente plateforme en ligne d’Emmaüs.

la non-consommation ou le veganisme

une autre façon de défendre ses convictions : l’abstention. non, non je ne parle pas des prochaines présidentielles…

c’est plutôt radical mais le principal c’est de se sentir en phase avec soi-même ! je pense ici aux végétariens et aux vegans.

pour moi, qui vends des sacs en cuir, la montée du veganisme est un phénomène que j’observe avec beaucoup d’attention et auquel je suis régulièrement confrontée. impossible d’ignorer les motivations de tous ceux et toutes celles qui font le choix de ne plus consommer d’articles en cuir. au contraire, je trouve le débat ouvert plutôt intéressant et cela me conforte dans l’idée qu’il n’y a pas une unique et meilleure façon de produire et/ou de consommer.

je pense plutôt qu’il existe de multiples façons de consommer de manière plus raisonnable et d’avoir un impact positif au quotidien. au final, je dirais que la mode éthique s’envisage dans un slow lifestyle que chacun est libre d’interpréter selon ses convictions personnelles.

et vous, vous en pensez quoi ?


hello, je m’appelle Natty !
entrepreneure idéaliste, je fabrique des sacs en Afrique pour changer le monde !